La dépouille mortelle du Cardinal Hyacinthe Thiandoum est au pays depuis hier. Les cérémonies de deuil ont débuté après l'accueil du corps à l'aéroport Léopold Sédar Senghor. Dans sa résidence des «Badamiers», ont vécu hier de beaux exemples du dialogue islamo-chrétien qui ont accompagné la cérémonie de vénération de la dépouille mortelle. Il était environ 15h 05 mn. L'aéroport Léopold Sédar Senghor de Dakar était déjà pris d'assaut par une foule innombrable. L'avion d'Air Sénégal international se pose sur l'esplanade de l'aéroport. A bord, la dépouille mortelle de Hyacinthe, le cardinal Thiandoum attendait d'être ovationnée par les centaines de fidèles, amis et compatissants qui attendaient au-dehors. Mgr Théodore Adrien Sarr, accompagné du Nonce Apostolique du pape, au Sénégal Mgr Joseph Pinto, de Mgr Jacques Sarr, Evêque de Thiès et d'une forte délégation du clergé catholique, se dirige vers la réception pour accueillir leur défunt frère et remplir les formalités usuelles. Ce fut alors qu'un long cortège composé de toutes les couches de la société Sénégalaise suivi le corps pour la résidence du défunt : «Les Badamiers» au quartier de Fann. En cours de route, l'accueil fut plutôt chaleureux que douloureux. Les Sénégalais sortaient des maisons et des rues au signal de la sirène du corbillard. Les uns ovationnaient ou plutôt acclamaient l'arrivée de la dépouille de l'apôtre de Dieu, tandis que d'autres terrassés et dépassés par les événements qui se déroulent à leurs yeux restaient ébahis, l'air confus. On dirait que ces derniers viennent de se rendre compte, sur le champ, que la nouvelle du décès du Cardinal tant annoncée était enfin effective. Le corps du défunt arrive à la résidence les «Badamiers». Tout le quartier de Fann, Résidence et alentours attendaient déjà à la devanture de la villa pour rendre hommage à celui qui, il y a quelques jours encore, faisait partie des habitants de leur localité. Les religieux, les membres de la famille Thiandoum et certains curieux se mêlèrent à l'événement pour les derniers hommages au Cardinal. Le corps fut transporté par six géants prêtres diocésains et exposé dans le grand hall extérieur de la villa du Cardinal défunt. A tour de rôle, différentes personnalités politiques et religieux passaient tirer révérence à l'illustre disparu avant de passer remplir le livre des condoléances ouvert pour la circonstance. Les familles religieuses chrétiennes, catholiques, protestantes et musulmanes se côtoyaient et se présentaient mutuellement les condoléances. De l'autre coté, les différentes classes politiques du Sénégal n'ont pas enfreint au mot d'ordre du saint homme décédé : hériger en mode de vie la culture de la paix et de l'entente fraternelle. Alors les membres de l'opposition et ceux de la mouvance présidentielle ont tous répondu présent à l'appel du Cardinal pour illustrer aux yeux de la Nation sénégalaise, l'héritage que leur a légué Hyacinthe, le Cardinal Thiandoum. En un mot, les dernières heures du Cardinal Thiandoum sur cette terre du Sénégal resteront gravées sur les pages de l'histoire, en exemple aux générations futures. D'ailleurs, pour illustrer l'envergure de la personnalité du prélat défunt, Moustapha Niasse, qui était présent à la maison mortuaire confie : «Le cardinal Hyacinthe Thiandoum est la synthèse du Sénégal et son exemple, pour nous, restera éternellement. Prions pour que Dieu l'accueille en son royaume.»
Article publié dans l'édition du Mercredi 26 mai 2004 Décédé, Hyacinthe le Cardinal Thiandoum continue d'inspirer le dialogue islamo-chrétien dont il est a été de son vivant un ardent défenseur. Pour pérenniser cette œuvre, le Collectif des artistes du Sénégal (Cartis) et l'Union nationale pour la Paix (Unp) rendent un hommage à l'Archevêque émérite disparu le 18 mai dernier. Dans ce sens, un concert sera organisé le vendredi prochain au Théâtre national Daniel Sorano «pour rappeler les bienfaits du Cardinal». Dénommée «concert de la fraternité Islamo-chrétienne», la manifestation est placée «sous le signe de la paix et de l'entraide et à la mémoire de Mgr Thiandoum, chantre de la Paix et apôtre du dialogue Islamo-chrétien». Les chorales de Notre Dame du Liban, de Palmarin, de St Jean Bosco et de St Pierre de Baobabs animeront cette soirée d'hommage qui, invite Charles Foster du Cartis, «reste ouverte à tous les artistes sénégalais». Abdou Rahmane Mbengue
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