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REQUIESCAT IN PACE* L'engagement a marqué la vie entière de Monseigneur le Cardinal Hyacinthe Thiandoum, cet intrépide prélat, prêtre de Jésus- Christ, et témoin engagé de la Vérité de notre histoire. Il a inscrit sa vie religieuse et citoyenne dans une fidélité absolue aux idéaux de sa jeunesse, de sa foi, de sa génération. Une fidélité tenace qui demeure l'honneur le plus authentique des hommes politiques. 1962, est dans l'histoire politique du Sénégal, l'année du " coup d'Etat ". Le rôle qu'il a joué alors entre Léopold Sédar Senghor et Mamadou Dia au cours de cet épisode avait déjà, à l'époque, mis sous les feux de la rampe, un prêtre n'ayant pas manqué de courage pour faire connaître sa position. 1962, c'est aussi, dans l'histoire de l'Eglise catholique, l'année de l'ouverture du Concile Vatican II. En janvier, 1959, le Pape Jean XXIII, fait sensation en mettant en chantier, une réforme du droit canon. Un siècle auparavant, Vatican I n'avait réuni que des hommes d'Eglise, à majorité européenne et avait proclamé l'infaillibilité du Pape. Vatican II convoque 3000 prêtres de 93 nationalités différentes et venant de 136 pays. Il faut y ajouter 453 experts, 58 auditeurs laïcs (une nouveauté) et 101 observateurs non catholiques. En ouvrant les portes de l'Eglise catholique, Jean XXIII voulait la rafraîchir un peu. Mais c'est un vent violent qui s'y engouffra et décoiffa l'auguste assemblée d'évêques, d'archevêques et de cardinaux. Le Concile, ouvert en 1962, est clos le 8 décembre 1965. Entre temps, Paul VI remplace Jean XIII, décédé. L'expansion missionnaire que l'Eglise catholique avait lancée au 19ème siècle s'était ralentie avec la naissance de clergés autochtones et la responsabilité grandissante des laïcs commençait à bouleverser les rapports prêtres-laïcs. L'Eglise venait d'accepter de s'interroger sur elle-même. Cette très longue période de réflexion laisse deviner que l'unanimité n'a pas pu se faire. Il y eut une majorité, sensible aux changements et à la nécessité de s'adapter, ouverte au dialogue œcuménique. La minorité, dont un des chefs de file était, Monseigneur Lefèvre, Archevêque de Dakar, était attachée à la " stabilité de l'Eglise " et très soucieuse de la " sauvegarde du dépôt intégral de la foi ". Hyacinthe Thiandoum remplace Monseigneur Lefèvre en 1962. Il est nommé à la pourpre cardinalice en 1976. Il n'a jamais cessé de convaincre son prédécesseur, devenu symbole des traditionalistes catholiques qui ont ouvert un schisme dans l'Eglise. Ce qui leur valu d'être excommuniés par le Pape Jean Paul II, qui n'a jamais accepté aucune " désobéissance " au sein de sa hiérarchie. Il n'est nul besoin de partager les choix du Cardinal Thiandoum pour reconnaître la sincérité, l'ardeur, le courage et parfois même un volontarisme. Sa vie a été marquée par ses relations avec les hommes politiques d'une part (de Senghor à Abdou Diouf et dans une moindre mesure avec Abdoulaye Wade), et d'autre part avec les guides musulmans du Sénégal. Mais sa position " politique " par rapport aux hommes d'Eglise était claire : "Un poste politique ne sied pas au prêtre qui doit être un rassembleur". L'allusion on ne peut plus claire, était adressé à l'abbé Diamacoune Senghor, leader du Mfdc. Il n'a jamais cherché la facilité que lui donnait son rang, ni les astuces consistant à déplacer sur d'autres, ou sur le cours naturel des choses, la responsabilité des décisions prises et qui lui ont valu dans son propre camp religieux des critiques violentes. Le Cardinal Thiandoum a toujours été un excellent diplomate, qui a su maintenir un équilibre parfois fragile, mais toujours présent entre ses coreligionnaires, ses collègues, les politiques et ses concitoyens de confession différente. Il n'est pas étonnant, d'ailleurs, que le fait qu'il fut considéré comme " Le " chef de l'Eglise du Sénégal, par un pays tout entier, n'est contesté " officiellement " par personne Il a été le chantre du Dialogue Islamo-Chrétien. Ses origines et son éducation " dans une famille aux deux religions ", l'ont peut-être prédestiné à cette qualité. Ce dialogue, islamo-chrétien, ce dialogue de la vie tout court, qui prend mille tonalités et sonorités selon les lieux, les moments et les langues. Il n'est significatif que par les attitudes et les comportements des personnes et des institutions qui entendent guider et représenter les croyants. Mais jusqu'à présent, on nous sert trop souvent des discours parallèles qui ne prennent que rarement en compte la recherche, les questions et les valeurs du partenaire. Trop souvent, encore, ces discours de pure forme " oublient " d'exalter les valeurs de prière, de silence et de méditation : à mieux se mettre à l'écoute de Dieu, les partenaires du dialogue réduiraient d'autant la part du politique ou même de l'agressivité de leurs interventions, en vue de mieux s'écouter les uns les autres. Il aimait, semble t-il répéter Théodore Monod qui déclarait : "Pour moi, il y a une montagne unique, la même pour tous, que nous gravissons les uns et les autres par des sentiers différents. Les uns montent par ici, les autres par là. Mais nous avons tous, les uns et les autres, l'ambition et l'espoir de nous retrouver au sommet dans la lumière, au-dessus des nuages". A l'heure actuelle où les religions ne sont pas tellement un facteur de stabilité mais plutôt de crise, tout le Sénégal est convié à se recueillir et à prier pour lui. Nous ne pouvons manquer à ce devoir de citoyenne reconnaissance. *Qu'il repose en paix! Henriette Niang Kandé (Sud Quotidien)
Il a élevé très haut le niveau de l'Eglise sénégalaise Les Sénégalais retiennent fortement du cardinal Hyacinthe Thiandoum un chantre du dialogue islamo-chrétien, un homme de Dieu discret et modeste. Il fut aussi celui qui s'employa à élever l'Eglise sénégalaise à un niveau très haut. Tant du point de vue de l'Education que de la Santé… La dépouille mortelle du Cardinal Hyacinthe Thiandoum est attendue le mardi 25 mai aux environs de 15 heures. Sauf changement de programme, elle sera exposée à la Cathédrale du Souvenir africain de Dakar toute la journée du mercredi afin de permettre aux Sénégalais de se recueillir. Ce, en attendant les funérailles prévues le jeudi 27 mai. Dès l'annonce du décès du Cardinal Thiandoum survenu dans la soirée du mardi 18 mai à Aix-en-Provence (Marseille, France), l'éventualité de son inhumation en terre française est revenue comme un serpent de mer. Comme Cardinal, Mgr Thiandoum est citoyen de Rome, mais il n'en est pas moins Archevêque de Dakar et, comme tel, "il sera inhumé dans ce qui est sa cathédrale à moins qu'il n'ait rédigé un testament dans lequel il indique un autre lieu." Les éclaircissements de l'Abbé Patrice Coly de la cathédrale de Dakar viennent ainsi couper court aux nombreuses éventualités émises ici et là à propos du lieu d'inhumation de prédécesseur de l'Archevêque Théodore Adrien Sarr à l'Archevêché de Dakar. Par ailleurs, le décès du Cardinal Thiandoum ne saurait en rien accélérer le processus de nomination d'un nouveau cardinal comme d'aucuns ont tendance à le penser. On notera ici que dans la sous-région, nombreux sont les pays la composant qui n'ont pas de cardinal à la tête de leur Eglise. "La nomination d'un cardinal se fait sur la base de renseignements discrets et minutieusement menés. Elle relève exclusivement du pouvoir discrétionnaire du Pape. C'est dire donc qu'elle (Ndlr : la nomination d'un Cardinal) n'obéit donc en rien à une quelconque urgence." Du Cardinal Hyacinthe Thiandoum, la conscience collective sénégalaise en particulier retient fortement qu'il fut un chantre du dialogue islamo-chrétien, un homme de Dieu discret et modeste. Mais on ajoute qu'après avoir pris le relais de Mgr Lefebvre, Mgr Thiandoum s'est employé à élever l'Eglise sénégalaise à un niveau très haut. Tant du point du point de vue de l'Education avec la multiplication des écoles privées catholiques, que de la Santé, en passant par le raffermissement du dynamisme pastoral. Sous ce rapport, on oublie souvent que le Cardinal Thiandoum a été le premier directeur des œuvres catholiques et qu'à ce titre, il encouragea et accompagna le développement des mouvements et structures catholiques. Félix NZALE
"La disparition de Monseigneur Thiandoum est une immense perte pour la nation ". APS- Le chef de l'Etat, maître Abdoulaye Wade, a qualifié de " perte immense pour la nation sénégalaise ", le décès de l'ancien Archevêque de Dakar Monseigneur Hyacinthe Thiandoum, survenu, mardi à Aix-en-provence (France), dans sa 83ème année, annonce un communiqué parvenu mercredi à l'APS. " La disparition de Monseigneur Hyacinthe Cardinal Thiandoum, un des plus illustres fils de notre pays est une immense perte pour la nation sénégalaise ", a notamment dit le chef de l'Etat qui se trouve, depuis mardi à Taipei pour prendre part à la cérémonie d'investiture du président chinois Chen Shui-Bian, réélu récemment pour un second mandat de quatre ans. Tout en se disant " peiné " d'apprendre depuis la République de Chine la disparition de Monseigneur Thiandoum, Me Abdoulaye Wade a qualifié ce dernier d' "homme de paix, d'ouverture et de dialogue ". En le recevant récemment au Vatican, le Pape Jean-Paul, a-t-il rappelé, lui avait demandé des " nouvelles " de l'ancien Archevêque de Dakar.
APS– La Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (RADDHO) a salué la mémoire du cardinal Hyacinthe Thiandoum, décédé mardi à Aix-en-Provence (France), estimant que le Sénégal vient de perdre " un homme de qualité exceptionnelle ". Dans un communiqué reçu mercredi à l'APS, la RADDHO a ajouté que l'ancien archevêque était " respectueux et respectable ", qui, " à l'image de feu El Hadji Abdoul Aziz Sy ", ancien khalife général des Tidianes, " a joué un rôle considérable pour un Sénégal stable ". Hyacinthe Thiandoum était " un fervent partisan du dialogue entre les religions ", selon la RADDHO. Archevêque de Dakar pendant plus de 35 ans (1962-1998), le cardinal Thiandoum était malade depuis plusieurs mois.
Mgr Thiandoum ou l'incarnation de l'exception sénégalaise APS – Le Cardinal Hyacinthe Thiandoum, Ancien Archevêque de Dakar décédé mardi à Aix-en-provence incarne on ne peut mieux l'exception sénégalaise, s'agissant de la tolérance religieuse qui existe au Sénégal entre musulmans (plus de 90% de la population) et chrétiens Son autorité morale s'étend au-delà de la seule communauté chrétienne et il a, par exemple, entretenu d'excellents rapports avec le marabout Thierno Saïdou Nourou Tall qu'il appelait " mon père ". Outre le fait que son enfance s'est passée dans un milieu composé de beaucoup de musulmans, un de ses frères est musulman et a eu des fils qui sont devenus imams. Né à Poponguine le 2 février 1921, Mgr Thiandoum va devenir Archevêque de Dakar le 2 avril 1962, après des études au séminaire de Ngazobil. Il sera maintenu à ce poste par le Pape Jean Paul II, après en avoir démissionné en février 1996, atteint par la limite d'âge. La carrière de Mgr Thiandoum dans les ordres a été comme le fruit d'une certaine prédestination. Son prénom, en effet, lui vient du souvenir de Mgr Hyacinthe Gallabert, évêque de la Sénégambie, bien avant les indépendances. Après sa formation scolaire et théologique entre Poponguine et Ngazobil, Mgr Thiandoum va poursuivre ses études à l'Université pontificale de Rome et sera nommé, à son retour au Sénégal, responsable des œuvres de l'archevêché. Il deviendra chef de l'église catholique (le 20 mai 1962) et douze ans plus tard (le 24 mai 1974), Cardinal. Excellent musicien, le fils de François Ndiémé (un pêcheur qui cultivait le mil et l'arachide pendant l'hivernage) et d'Anna Ndiémé Sène a exercé ses talents de maître de cœur partout où il est passé. Décédé à Aix-en-Provence (France) à 83 ans et à la suite d'une maladie, Mgr Hyacinthe Thiandoum s'était retiré depuis quelques années dans sa grande maison située à Fann Résidence (Dakar).
Hier les Chrétiens catholiques ont célébré la fête de l'Ascension. L'occasion a été pour eux de prier pour qu'avec Jésus, Mgr Hyacinthe le cardinal Thiandoum monte au ciel pour connaître la joie éternelle en attendant la parousie. «Le seigneur monte au ciel au milieu des chants de joie, il nous prépare une place auprès de lui au ciel. Alléluia.» C'est dans la ferveur de la fête de l'Ascension que les Chrétiens catholiques ont repris en chœur ce chant, propre aux rituels de la célébration de la montée de Jésus au ciel. Une célébration sous le signe du deuil avec le rappel à Dieu de Mgr Hyacinthe le cardinal Thiandoum. Ainsi les Chrétiens catholiques ont prié pour que l'âme de leur pasteur monte avec l'élévation de Jésus au ciel en ce jour solennel. A la cathédrale de Dakar, le père Michel Kama, qui célébrait la messe, a invité, avant de prononcer son sermon, les fidèles croyants à quelques minutes de silence en la mémoire de leur père et pasteur décédé, Mgr Hyacinthe Thiandoum. «Nous portons le deuil et nous vivons cet événement de l'Ascension dans la douleur. Mais nous devons vivre dans la foi, dans l'espérance et dans la prière en attendant la célébration des obsèques de celui dont cette cathédrale a été pendant longtemps le siège», déclare le prélat. Par ailleurs revenant sur le sens de la cérémonie d'hier, l'abbé Michel Kama explique que l'Ascension fêtée aujourd'hui, peut heurter le réalisme de notre 21ème siècle, surtout dans le monde chrétien où elle passe de plus en plus inaperçue. Et c'est pourquoi il notifie : «Pour beaucoup, la fête de l'ascension apparaît comme un fait extraordinaire que la raison et les lois de la nature n'expliquent pas. Et il urge de mener une réflexion beaucoup plus profonde sur le mystère de cette célébration afin que lumière soit faite.» En outre, affirme le prélat, l'Ascension est une fête de l'Église qui rappelle que Jésus, 40 jours après la Paques, est monté dans la gloire de Dieu le Père, en corps, en âme et par sa propre puissance au ciel. «L'Ascension, c'est la présence permanente du Christ au milieu du monde et c'est aussi la conclusion de l'existence visible de Jésus sur la terre.» Cette solennité de l'Ascension invite le croyant à espérer le retour triomphal de Jésus au jour du jugement dernier où, assis à la droite du Père, il invitera ses bons et loyaux serviteurs pour la noce éternelle. Voilà pourquoi l'abbé Michel Kama convie ses paroissiens à garder l'espérance et à prier. Prier et vivre dans l'espérance de la parousie mais aussi prier pour le repos de l'âme de Mgr Thiandoum. Et à cet effet, l'homme d'église fait savoir que des veillés de prière ont débuté tous les soirs à la cathédrale de Dakar afin que le seigneur Jésus, en faisant son Ascension, emporte avec lui, l'âme de celui qui s'est longtemps mis au service de son église pour la proclamation de l'Evangile. Gilles Arsène NTCHEDJI -
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