saint du 08-09-10
Nativité de la Vierge Marie - Fête
Les autres Saints du jour...
LA NATIVITÉ de la TRÈS SAINTE VIERGE
(Fête)
Tout est miracle dans l'histoire de la Sainte Vierge ; Sa naissance
ne fait point exception, et, bien que pauvre aux yeux du monde, elle
apparaît aux yeux de la foi entourée des plus éclatantes merveilles.
Aussi est-ce avec raison que l'église s'écrie en ce jour : « Votre
naissance, ô Marie, Mère de Dieu, a rempli tout le monde de
consolation et d'allégresse, parce que le soleil de justice,
Jésus-Christ, notre Dieu, est né de Vous, Lui qui nous a tirés de la
malédiction où nous étions plongés et nous a comblés de bénédictions
; Lui, qui, ayant ruiné l'empire de la mort, nous a introduits dans
la vie éternelle. » Cette fête, en effet, doit être une réjouissance
universelle ; ce n'est pas un heureux présage pour une ville ou pour
un peuple, mais pour l'humanité tout entière.
Joachim et Anne, ses parents, étaient de la race de David, de
laquelle devait naître le sauveur promis au monde ; mais ils étaient
avancés en âge et n'avaient point d'enfants ; donc nulle espérance
humaine pour eux de donner naissance au rédempteur attendu. Dieu,
qui aime à confondre les calculs des hommes et les prévisions
naturelles, jugea autrement et renouvela pour Joachim et Anne la
merveille dont l'Ancien Testament nous rapporte plusieurs exemples.
Les deux vieillards reçurent l'annonce des desseins de Dieu, et au
temps marqué Marie paraissait au monde. Toute pure, toute immaculée
avait été sa conception, toute pure et toute privilégiée fut sa
naissance.
Quelle joie ce jour-là dans la maison de Joachim ! Figurons-nous
combien devait être ravissante cette enfant de bénédiction,
sanctifiée dès le premier instant de sa vie, et dont les facultés
n'avaient pas connu un seul instant le sommeil ni l'imperfection !
Les saints ne tarissent pas d'éloges sur la naissance de Marie : «
Avant la naissance de Marie, disent-ils, le monde était enseveli
dans les ténèbres du péché ; avec elle paraît l'aurore qui annonce
le soleil de justice.
Parfaite dès sa naissance, Marie ne fit que croître chaque jour en
vertus... » Astre toujours progressant en lumière, si beau dès son
apparition, qu'il devait être éblouissant au terme de sa course !
Quel bonheur pour les élus de contempler au ciel les merveilles
opérées par Dieu en Marie ! En attendant, unissons-nous à l'église
qui l'honore aujourd'hui sous cent titres différents dans une
multitude de sanctuaires vénérés.
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saint du 09-09-10
SAINT PIERRE CLAVER
Apôtre des esclaves d'Amérique
(† 1654)
Saint Pierre Claver était espagnol; sa naissance fut le fruit des
prières de ses parents. A vingt ans, il entra au noviciat des
jésuites. Il se lia avec le saint vieillard Alphonse Rodriguez,
jésuite comme lui, et qui fut canonisé le même jour que lui, le 8
janvier 1888. Alphonse avait compris, d'après une vision, que Pierre
Claver devait être un apôtre de l'Amérique; il lui en souffla au
cœur le désir, et le jeune religieux obtint, en effet, de ses
supérieurs, de s'embarquer pour les missions du nouveau monde.
À son arrivée en Amérique, il baisa la terre qu'il allait arroser de
ses sueurs. Il se dévoua corps et âme au salut des esclaves, pénétra
dans les magasins où on les entassait, les accueillit avec
tendresse, pansa leurs plaies, leur rendit les plus dégoûtants
services et s'imposa tous les sacrifices pour alléger les chaînes de
leur captivité. Il en convertit, par ces moyens héroïques, une
multitude incalculable. Quand fut venu le moment de ses vœux, Pierre
Claver obtint d'y ajouter celui de servir les esclaves jusqu'à sa
mort; il signa ainsi sa formule de profession: Pierre, esclave des
nègres pour toujours.
Les milliers d'esclaves de Carthagène étaient tous ses enfants; il
passait ses jours à les édifier, à les confesser, à les soigner. Il
ne vivait que pour eux. Aux hommes qui lui demandaient à se
confesser, il disait: "Vous trouverez des confesseurs dans la ville;
moi, je suis le confesseur des esclaves. " Il disait aux dames: "Mon
confessionnal est trop étroit pour vos grandes robes; c'est le
confessionnal des pauvres négresses. "
Le soir, épuisé de fatigues, asphyxié par les odeurs fétides, il ne
pouvait plus se soutenir; cependant un morceau de pain et quelques
pommes de terre grillées faisaient son souper; la visite au
Saint-Sacrement, la prière, les disciplines sanglantes, occupaient
une grande partie de ses nuits. Que de pécheurs il a convertis en
leur disant, par exemple: "Dieu compte tes péchés; le premier que tu
commettras sera peut-être le dernier! "
Pierre Claver multipliait les miracles avec ses actes sublimes de
charité. En quarante-quatre ans d'apostolat, il avait baptisé plus
de trois cent mille esclaves. Le pape Léon XIII l'a déclaré patron
des missions, en 1896.
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saint du 10-09-10
Bx Apollinaire Franco, Martyr au Japon
(1570-1622)
Né à Aguilar-del-Campo (Vieille Castille, Espagne), il fut d'abord
docteur de l'université de Salamanque avant de se faire religieux
franciscain. En 1600, il part en mission pour les Philippines puis
au Japon, à Omour. Il faisait partie du demi-million de chrétiens
dans ce pays quand l'empereur japonais ferma ses frontières aux
étrangers en 1614 et interdisait aux catholiques de célébrer leur
culte, faisant détruire toutes leurs églises. 2 jours après les
martyrs de Nagasaki dont la Bienheureuse Inès Takeya, tous les
chrétiens d'Omour furent brûlés vifs, faisant plusieurs milliers de
martyrs. Pie IX en béatifia 205 dont le père Apollinaire.
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saint du 11-09-10
SAINT JEAN-GABRIEL PERBOYRE
Lazariste, Martyr en Chine
(1802-1840)
Les années de formation
Rien n'arrive par hasard. Ni la vie, ni la mort, ni la vocation.
JEAN-GABRIEL PERBOYRE naquit à Mongesty, près de Cahors, dans la
France méridionale, le 6 janvier 1802, dans une famille qui donna à
l'Église trois Lazaristes et deux Filles de la Charité. Dans un tel
environnement, il respira la foi, il reçut des valeurs simples et
saines et comprit le sens de la vie comme un don.
Dans l'adolescence, celui " qui appelle chacun par son nom "
semblait l'ignorer. Il s'adressa à son frère cadet pour qu'il entre
au séminaire. On demanda à Jean-Gabriel d'accompagner le petit frère
durant quelque temps, en attendant qu'il s'habitue à son nouveau
cadre. Il y était arrivé par hasard et il aurait dû en sortir vite.
Mais le hasard révéla aux yeux étonnés du jeune homme des horizons
insoupçonnés et que sa voie était ici au séminaire.
L'Église de France était alors à peine sortie de l'expérience de la
Révolution française, avec les vêtements empourprés du martyre de
quelques-uns et avec la souffrance de l'apostasie d'un certain
nombre. Le panorama offert par les premières années du XIXème siècle
était désolant : édifices détruits, couvents saccagés, âmes sans
pasteurs. Ce ne fut donc pas un hasard si l'idéal sacerdotal apparut
au jeune homme, non comme un état de vie agréable, mais comme le
destin des héros.
Ses parents, surpris, acceptèrent le choix de leur fils et
l'accompagnèrent de leurs encouragements. Ce n'est pas un hasard si
l'oncle Jacques était Lazariste. Cela explique qu'en 1818 mûrit chez
le jeune Jean-Gabriel l'idéal missionnaire. À cette époque la
mission signifiait principalement la Chine.
Mais la Chine était un mirage lointain. Partir voulait dire ne plus
retrouver l'atmosphère de la maison, ni en sentir les parfums, ni en
goûter l'affection. Ce fut naturel pour lui de choisir la
Congrégation de la Mission, fondée par saint Vincent de Paul en 1625
pour évangéliser les pauvres et former le clergé, mais d'abord pour
inciter ses propres membres à la sainteté. La mission n'est pas une
propagande. Depuis toujours l'Église a voulu que ceux qui annoncent
la Parole soient des personnes intérieures, mortifiées, remplies de
Dieu et de la charité. Pour illuminer les ténèbres, il ne suffit pas
d'avoir une lampe si l'huile vient à manquer.
Jean-Gabriel n'y alla pas par demi-mesure. S'il fut martyr, c'est
parce qu'il fut saint.
De 1818 à 1835, il fut missionnaire dans son pays. Tout d'abord,
durant le temps de la formation, il fut un modèle de novice et de
séminariste. Après l'ordination sacerdotale (1826), il fut chargé de
la formation des séminaristes.
L'attrait pour la mission
Un fait nouveau, mais non fortuit certes, vint changer le cours de
sa vie. Le protagoniste en fut encore une fois son frère Louis. Lui
aussi était entré dans la Congrégation de la Mission et il avait
demandé à être envoyé en Chine, où, entre temps, les fils de saint
Vincent avaient eu un nouveau martyr en la personne du bienheureux
François-Régis Clet (18 février 1820). Mais, durant le voyage, le
jeune Louis, alors qu'il n'avait que 24 ans, fut appelé à la mission
du ciel.
Tout ce que le jeune prêtre avait espéré et fait serait devenu
inutile si Jean-Gabriel n'avait pas fait la demande de remplacer son
frère sur la brèche.
Jean-Gabriel atteignit la Chine en août 1835. En Occident, à cette
époque, on ne connaissait presque rien de l'Empire Céleste, et
l'ignorance était mutuelle. Les deux mondes se sentaient attirés
l'un par l'autre, mais le dialogue était difficile. Dans les pays
européens, on ne parlait pas d'une civilisation chinoise, mais
seulement de superstitions, de rites et d'usages " ridicules ". Les
jugements étaient en fait des préjugés. L'appréciation que portait
la Chine sur l'Europe et le Christianisme n'était pas meilleure.
Entre les deux civilisations, il y avait comme un rayon d'obscurité.
Il fallait quelqu'un pour le traverser et pour prendre sur lui le
mal de beaucoup pour le brûler dans la charité.
Jean-Gabriel, après un temps d'acclimatation à Macao, entreprit un
long voyage en jonque, à pieds ou à cheval qui, après 8 mois, le
conduisit dans le Honan, à Nanyang, où il se remit à l'étude de la
langue.
Après 5 mois, malgré quelques difficultés, il était capable de
s'exprimer en bon chinois et, aussitôt, il se lança dans le
ministère, visitant les petites communautés chrétiennes. Puis, il
fut envoyé dans le Hubei, qui fait partie de la région des lacs
formés par le Yangtze Kiang (Fleuve Bleu). Quoiqu'il fît un
apostolat intense, il souffrait beaucoup dans son corps et dans son
esprit. Dans une lettre, il écrit : " Non, je ne suis pas plus un
homme de merveilles en Chine qu'en France... demandez premièrement
ma conversion et ma sanctification et ensuite la grâce de ne pas
trop laisser gâter son oeuvre " (Lettre 94). Pour celui qui voit les
choses de l'extérieur, il est difficile d'imaginer qu'un
missionnaire comme lui puisse se trouver dans une nuit obscure. Mais
l'Esprit-Saint le préparait, dans le vide de l'humilité et dans le
silence de Dieu, au témoignage suprême.
Enchaîné pour le Christ
Deux faits, apparemment sans lien entre eux, vinrent troubler
l'horizon en 1839. Le premier est le déclenchement des persécutions,
après que l'Empereur manchou Quinlong (1736-1795) eût proscrit en
1794 la religion chrétienne.
Le second est le déclenchement de la guerre sino-britannique, connue
sous le nom de "guerre de l'opium" (1839-1842). La fermeture des
frontières de la Chine et la prétention du gouvernement chinois
d'exiger un acte de vassalité de la part des ambassadeurs étrangers
avait créé une situation explosive. L'étincelle vint de la
confiscation de chargements d'opium sur des bateaux amarrés dans le
port de Canton, au préjudice de marchants en grande partie anglais.
La flotte britannique intervint et ce fut la guerre.
Les missionnaires, directement concernés seulement par le premier
aspect, étaient constamment sur leurs gardes. Comme cela arrive
souvent, les alertes trop fréquentes diminuent la vigilance. C'est
ce qui arriva le 15 septembre 1839 à Cha-yuen-ken, où résidait
Perboyre. Ce jour-là, il se trouvait avec deux Lazaristes, un
Chinois, le P. Wang, et un Français, le P. Baldus, ainsi qu'un
Franciscain, le P. Rizzolati. On signala la présence d'une colonne
d'une centaine de soldats. Les missionnaires sous-évaluèrent les
informations. Peut-être allaient-ils dans une autre direction. Et,
au lieu d'être prudents, ils poursuivirent leur fraternelle
conversation. Quand il n'y eut plus de doutes sur la direction des
soldats, il était trop tard. Baldus et Rizzolati décidèrent de
s'enfuir au loin. Perboyre choisit de se cacher dans les environs,
étant donné que les montagnes voisines étaient couvertes de forêts
de bambou et de grottes cachées. Mais, les soldats, sous la menace,
comme cela a été attesté par le P. Baldus, contraignirent un
catéchumène à révéler le lieu où le missionnaire se cachait. Il fut
un faible, mais pas un Judas.
Alors commença le rude calvaire de Jean-Gabriel. Le prisonnier
n'avait aucun droit, il n'était pas protégé par la loi, mais il
était soumis à l'arbitraire de ses gardiens et de ses juges. Comme
il était en état d'arrestation, on présumait qu'il était coupable ;
et s'il était coupable, il pouvait être puni.
Alors commença la série des procès. Le premier se tint à
Kouching-Hien. Les réponses du martyr furent admirables :
- Es-tu un prêtre chrétien ?
- Oui, je suis prêtre et je prêche cette religion.
- Veux-tu renoncer à ta foi ?
- Je ne renoncerai jamais à la foi en Jésus-Christ.
Ils lui demandèrent de livrer ses frères dans la foi et de dire les
raisons pour lesquelles il avait transgressé les lois de la Chine.
En fait, on voulait transformer la victime en coupable. Mais un
témoin du Christ n'est pas un délateur. Aussi, il se tut.
Le prisonnier fut ensuite transféré à Siang-Yang. Les
interrogatoires devinrent plus brutaux. On le mit durant plusieurs
heures à genoux sur des chaînes de fer rouillées, il fut suspendu
par les pouces et les cheveux à une poutre (supplice du hangtzé), il
fut battu à plusieurs reprises avec des cannes de bambou. Mais, plus
que par la violence physique, il fut blessé de ce qu'on tourna en
ridicule les valeurs dans lesquelles il croyait : l'espérance en la
vie éternelle, les sacrements, la foi.
Le troisième procès se tint à Wuchang. Il fut cité devant quatre
tribunaux et fut soumis à 20 interrogatoires. Aux questions
s'ajoutaient les tortures et les moqueries les plus cruelles. On
poursuivait en justice un missionnaire, mais, en même temps, on
piétinait l'homme. Des chrétiens furent contraints à l'abjuration et
quelques uns d'entre eux à cracher et à frapper sur le missionnaire
qui leur avait apporté la foi. Il reçut 110 coups de pantsé pour ne
pas avoir voulu piétiner le crucifix.
Parmi les diverses accusations dont il fut l'objet, la plus terrible
fut celle d'avoir eu des relations immorales avec une jeune
chinoise, Anna Kao, qui avait fait voeu de virginité. Le martyr se
défendit. Elle n'était ni son amante ni sa servante. La femme est
respectée, elle n'est pas outragée par le Christianisme. Tel fut le
sens de la réponse de Jean-Gabriel Perboyre. Mais il fut perturbé
parce qu'on faisait souffrir des innocents à cause de lui.
Durant un interrogatoire, il fut contraint de revêtir les ornements
de la Messe. Ils voulaient l'accuser de mettre le charme du
sacerdoce au service d'intérêts personnels. Mais le missionnaire,
revêtu des vêtements sacerdotaux, impressionna les assistants et
deux chrétiens s'approchèrent de lui pour lui demander l'absolution.
Le juge le plus cruel fut le vice-roi. Le missionnaire était
désormais devenu une ombre. La colère de cet homme sans scrupule
s'acharna contre cet être frêle. Aveuglé par sa toute puissance, il
voulait des aveux, des reconnaissances, des dénonciations. Mais si
son corps était faible, son âme s'était renforcée. Elle n'attendait
plus désormais que la rencontre avec Dieu, qu'il sentait chaque jour
plus proche.
Lorsque, pour la dernière fois, Jean-Gabriel lui dit : " Plutôt
mourir que renier ma foi ! ", le juge prononça sa sentence. Ce
serait la mort par strangulation.
Avec le Christ prêtre et victime
Vint alors une période d'attente de confirmation de la sentence par
l'Empereur. Peut-être pouvait-on espérer dans la clémence du
souverain. Mais la guerre contre les anglais interdit toute
possibilité de geste de bienveillance. Et c'est ainsi que le 11
septembre 1840, un émissaire impérial arriva à bride abattue,
portant le décret de confirmation de la condamnation.
Avec sept bandits, le missionnaire fut conduit sur une hauteur
appelée la " Montagne Rouge ". Les bandits furent tout d'abord
exécutés, puis Perboyre se recueillit en prière, à l'étonnement des
spectateurs.
Quand son tour fut venu, les bourreaux le dépouillèrent de sa
tunique rouge et le lièrent à un poteau en forme de croix. Ils lui
passèrent la corde au cou et ils l'étranglèrent. C'était la sixième
heure. Tel Jésus, Jean-Gabriel mourut comme le grain de blé tombé en
terre. II mourut, ou plutôt il naquit au ciel, pour faire descendre
sur la terre la rosée des bénédictions de Dieu.
Bien des circonstances de sa détention (trahison, arrestation, mort
sur une croix, jour et heure) le rapprochent de la Passion du
Christ, En réalité toute sa vie fut celle d'un témoin et d'un
disciple fidèle du Christ. Saint Ignace d'Antioche écrivait : " Je
cherche celui qui est mort pour nous ; je veux celui qui est
ressuscité pour nous. Voici qu'approche le moment où je serai
enfanté à la vie. Ayez compassion de moi, frères, ne m'empêchez pas
de naître à la vie ! ".
Jean-Gabriel " naquit à la vie " le 11 septembre 1840, parce qu'il
avait toujours cherché " celui qui est mort pour nous". Son corps
repose en France, mais son cœur est resté dans sa patrie d'élection,
en terre de Chine. C'est là qu'il a donné rendez-vous aux fils et
aux filles de saint Vincent, dans l'attente qu'eux aussi, après une
vie dépensée au service de l'Évangile et des pauvres, ils naissent
au ciel.
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saint du 12-09-10
LE SAINT NOM de MARIE
La fête du saint Nom de Marie fut établie par le pape Innocent XI,
l'an 1683, en souvenir d'une mémorable victoire remportée par les
chrétiens sur les turcs, avec la protection visible de la Reine du
Ciel. Cent cinquante mille turcs s'étaient avancés jusque sous les
murs de Vienne et menaçaient l'Europe entière. Sobieski, roi de
Pologne, vint au secours de la ville assiégée dans le temps de
l'octave de la nativité de la Sainte Vierge, et se disposa à livrer
une bataille générale. Ce religieux prince commença par faire
célébrer la messe, qu'il voulut servir lui-même, ayant les bras en
croix. Après y avoir communié avec ferveur, il se leva à la fin du
sacrifice et s'écria: "Marchons avec confiance sous la protection du
ciel et avec l'assistance de la très sainte Vierge. " Son espoir ne
fut pas trompé: les turcs, frappés d'une terreur panique, prirent la
fuite en désordre. C'est depuis cette époque mémorable que la fête
du saint Nom de Marie se célèbre dans l'octave de sa nativité.
Il était bien juste que le nom de Marie trouvât sa place, dans nos
fêtes catholiques, à côté du nom de Jésus, le nom de Marie est un
nom glorieux, un nom tout aimable, un nom salutaire. Les saints se
sont essayés à l'envi à retracer les merveilles du nom de Marie. La
première gloire de ce nom béni, c'est qu'il fut inspiré par Dieu aux
parents de la Vierge naissante et que l'archange Gabriel le prononça
d'une voix pleine de respect; et depuis, toutes les générations
chrétiennes le redisent à chaque instant du jour; le Ciel prononce à
la terre ce nom si beau, et la terre en revoie au Ciel l'écho
mélodieux: "Au nom de Marie, dit Pierre de Blois, l'Église fléchit
le genou, les vœux et les prières des peuples retentissent de toutes
parts. "
"Que Votre nom est glorieux, ô sainte Mère de Dieu! s'écrie saint
Bonaventure; qu'il est glorieux, ce nom qui a été la source de tant
de merveilles! " – "O nom plein de suavité! s'écrie le bienheureux
Henri Suzo. O Marie! Qui êtes-Vous donc Vous-même, si Votre nom seul
est déjà si aimable et si rempli de charmes? " – "Votre nom, ô
Marie, dit saint Ambroise, est un baume délicieux qui répand l'odeur
de la grâce! " – Mais surtout le nom de Marie est un nom de salut.
Saint Éphrem l'appelle la clef du ciel. "Le nom seul de Marie, dit
saint Bernard, met en fuite tous les démons... " Ce n'est là qu'un
faible écho de l'apologie du nom de Marie faite par les saints.
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saint du 13-09-10
SAINT JEAN CHRYSOSTOME
Évêque et Docteur de l'Église
(344-407)
Saint Jean, surnommé Chrysostome, c'est-à-dire Bouche d'Or, à cause
de la force et de la beauté de son éloquence, naquit à Antioche,
vers l'an 344. Veuve à vingt ans, sa mère n'épargna rien pour lui
donner une brillante éducation. Doué d'un génie supérieur, objet de
l'admiration universelle, incliné au plaisir, Jean fut ramené à la
réalité des choses et conquis à la perfection de l'Évangile, par
l'amitié fidèle d'un jeune homme de son âge, qui fut saint Basile.
Noble exemple de l'apostolat qu'un véritable ami peut exercer dans
son entourage! L'amitié des deux jeunes gens ne fit que s'accroître
par l'union désormais parfaite des pensées et des aspirations.
Devenu clerc de l'église d'Antioche, Chrysostome renonce
complètement aux vanités du siècle; il ne paraît qu'avec une tunique
pauvre; la prière, la méditation, l'étude de l'Ecriture Sainte,
partagent son temps: il jeûne tous les jours et prend sur le
plancher de sa chambre le peu de sommeil qu'il accorde à son corps,
après de longues veilles. S'élevant par degré dans les fonctions
ecclésiastiques, il devient l'œil, le bras, la bouche de son évêque.
Son éloquence est si grande que toute la ville accourt à ses
premières prédications où il y avait souvent jusqu'à cent mille
auditeurs à l'entendre.
A trente ans, Chrysostome fuit, dans la vie monastique, l'épiscopat
auquel, plus tard, il ne pourra échapper. C'est en 398, qu'il est
emmené de force à Constantinople et sacré patriarche de la ville
impériale. Son zèle, l'indépendance de son langage ne furent égalés
que par sa charité; son éloquence séduisante, qui brillait alors de
tout son éclat, attirait les foules autour de sa chaire; il ranimait
la foi au cœur des fidèles et convertissait une multitude de
personnes. L'éloquence de l'orateur dévoilait le cœur d'un père,
d'un apôtre et d'un saint.
Dieu permit que la croix vienne achever en Chrysostome l'œuvre de la
perfection. Le courage invincible du Pontife, sa liberté à flétrir
les désordres de la cour, lui valurent l'exil. En quittant
Constantinople, il fit porter à l'impératrice cette fière réponse:
"Chrysostome ne craint qu'une chose: ce n'est ni l'exil, ni la
prison, ni la pauvreté, ni la mort, c'est le péché. "Il mourut en
exil, victime des mauvais traitements de ses ennemis. Bien qu'il ne
porte pas le titre de martyr, il en a tout le mérite et toute la
gloire.
Saint Paul était l'objet de son admiration et de sa dévotion. Il a
dit de lui cette belle parole: "Le cœur de Paul était le cœur du
Christ. "
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saint du 14-09-10
Ste Notburge, vierge (+ 1313)
St Crescentius, martyr (+ 303)
St Materne de Cologne, évêque (v. 320)
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saint du 15-09-10
SAINTE CATHERINE de GÊNES
Veuve
(1447-1510)
Catherine Fieschi, fille d'un vice-roi de Naples, naquit à Gênes. Sa
famille, féconde en grands hommes, avait donné à l'église deux
papes, neuf cardinaux et deux archevêques. Dès l'âge de huit ans,
conduite par l'Esprit de Dieu, elle se mit à pratiquer de rudes
mortifications; elle dormait sur une paillasse, avec un morceau de
bois pour oreiller; mais elle avait soin de cacher ses pénitences.
Elle pleurait toutes les fois qu'elle levait les yeux sur une image
de Marie tenant Jésus mort dans ses bras.
Malgré son vif désir du cloître, elle se vit obligée d'entrer dans
l'état du mariage, où Dieu allait la préparer par de terribles
épreuves à une vie d'une incroyable sainteté. Après cinq ans
d'abandon, de mépris et de froideur de la part de son mari, après
cinq ans de peines intérieures sans consolation, elle fut tout à
coup éclairée de manière définitive sur la vanité du monde et sur
les joies ineffables de l'amour divin: "Plus de monde, plus de
péché, " s'écria-t-elle. Jésus lui apparut alors chargé de sa croix,
et couvert de sang de la tête aux pieds: "Vois, ma fille, lui
dit-Il, tout ce sang a été répandu au calvaire pour l'amour de toi,
en expiation de tes fautes! " La vue de cet excès d'amour alluma en
Catherine une haine profonde contre elle-même: "O amour! Je ne
pécherai plus, " s'écria-t-elle.
Trois jours après, elle fit sa confession générale avec larmes, et
désormais elle communia tous les jours. L'Eucharistie devint la
nourriture de son corps et de son âme, et pendant vingt-trois ans il
lui fut impossible de prendre autre chose que la Sainte Communion;
elle buvait seulement chaque jour un verre d'eau mêlée de vinaigre
et de sel, pour modérer le feu qui la dévorait, et, malgré cette
abstinence, elle jouissait d'une forte santé.
À l'abstinence continuelle se joignaient de grandes mortifications;
jamais de paroles inutiles, peu de sommeil; tous les jours six à
sept heures de prière à genoux; jamais Catherine ne se départit de
ces règles; elle était surtout si détachée d'elle-même, qu'elle en
vint à n'avoir plus de désir et à se trouver dans une parfaite
indifférence pour ce qui n'était pas Dieu.
Ses trois maximes principales étaient de ne jamais dire: Je veux, je
ne veux pas, mien, tien: – de ne jamais s'excuser, – de se diriger
en tout par ces mots: Que la Volonté de Dieu soit faite! Elle eut la
consolation de voir son époux revenir à Dieu, dans les derniers
jours de sa vie, et de l'assister à sa mort. A partir de ce moment,
Catherine se donna tout entière au soin des malades, et y pratiqua
les actes les plus héroïques.