Bonne Fête Maman


LE CHRISTIANISME

Arrivé au Sénégal au XVe siècle avec les navigateurs portugais le christianisme s'implante d'abord dans les îles de Gorée et de Saint-Louis jusqu'au début du XIXe siècle son influence se limite essentiellement aux îles.

A la différence de l'islam implanté à partir du Sahara et solidement ancré au coeur du continent, la religion chrétienne arrivée par l'océan atlantique, véhiculée par la colonisation européenne se diffuse d'abord dans les régions côtières. Essentiellement catholique elle est surtout présente chez les Sérère et les Diola.

CHRISTIANISME ET COLONISATION

 

Les politiques religieuses de l'administration colonial

Les autorités coloniales n'ont pas véritablement associé la religion chrétienne à leur politique d'expansion d'autant plus qu'au lendemain de la Révolution de 1789, comme au XIXe siècle sous la IIIe république, de nombreux administrateurs affirment leur laïcité voire leur agnostisme.

Pendant la période du commerce de traite jusqu'à son abolition en 1848, les autorités soutiennent les monarchies animistes contre l'islam qui prétend défendre les populations menacées. Les marabouts venus du Fouta Toro islamisé dès le XIe siècle, mènent sans succès de nombreuses guerres saintes contre les souverains animistes. Pendant cette période, les Français considèrent les marabouts comme leurs adversaires.

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, après l'échec en 1857 d'El Hadj Omar à Médine, de Lat Dior à Dyaqlé en 1886, et la conversion massive des populations à l'islam, les colonisateurs changent de politique.

Les gouverneurs évitent de provoquer les masses musulmanes en préférant un Islam bien encadré par des marabouts soumis à l'administration. Le christianisme dans cette période de propagation du catholicisme des comptoirs vers les régions côtières, rivalise pacifiquement avec l'Islam, pour la conversion des populations animistes.

Les administrateurs ont souvent modéré le zèle des missions dans les zones islamisées. Pour des raisons pratiques, ils préfèrent utiliser les musulmans, expérimentés de longue date dans les techniques du commerce et de gestion des affaires, comme auxiliaires, dans leur politique d'échange et d'encadrement.

Par contre là où l'islam ne s'est pas implanté avant la colonisation, la politique coloniale est différente. Les missions chrétiennes sont utilisées pour enrayer sa propagation et former des hommes susceptibles d'encadrer la population en vue d'une assimilation à la civilisation occidentale.

Christianisme, Animisme et Islam

Le Christianisme comme l'islam a dû faire face aux résistances de l'animisme, religion authentiquement africaine. Les missions chrétiennes qui ont considéré les populations animistes de la Petite Côte et de la Basse Casamance comme leurs zones privilégiées de conversion n'ont pas réussi à christianiser totalement ces régions alors qu'il existe des territoires entièrement islamisés comme le Fouta Toro, le pays mandingue...

Propagé dès l'origine par des Sénégalais l'Islam a perdu très tôt son caractère de religion extérieure au continent à la différence du christianisme qui a mis un certain temps à se dégager des tutelles occidentales et à s'africaniser.

Si la religion musulmane a bénéficié de son ancienneté, elle a aussi su faire preuve de souplesse, ce qui a favorisé sa rapide diffusion.

L'exigence des missionnaires chrétiens quant au respect des impératifs évangéliques et des liens entre les valeurs chrétiennes et l'Occident n'a pas permis de compromis avec la religion animiste.

Le christianisme en secouant les valeurs familiales et sociales risquait de désagréger les genres de vie traditionnels auxquels les populations restaient attachées alors que l'islam prend en compte les valeurs traditionnelles africaines en assurant au fidèle son intégration sociale.

Toutefois l'une des principales forces du christianisme était de permettre l'accès du converti au monde de la puissance coloniale en favorisant son assimilation.

PREMIERS FOYERS DU CHRISTIANISME

L'évangélisation de Gorée et de la Petite Côte par les Portugais

 

Au XVe et XVIe siècle, à bord des caravelles portugaises, les missionnaires viennent évangéliser les terres découvertes.

Dans leur escale de Gorée, ils construisent au sud de la plage, une Eglise de pierre sans ciment, couverte de paille.

Sur la Petite Côte dans les comptoirs de Rufisque, Portudal, Joal où s'installent les commerçants, des missionnaires les accompagnent. Un prêtre Wolof, venant du Baol ou de Kayor aurait fréquenté la Petite Côte à la fin du XVI siècle. Dans la région de Popenguine, au cap de Naze, un pilier de pierre marqué aux armes du Portugal et surmonté d'une croix témoigne de cette première évangélisation.


La période hollandaise du XVIIe siècle et l'intervention de Rome

Au début du XVIIe siècle, Rome crée la Congrégation de la Propagande pour assurer directement l'évangélisation, confiée aux ordres de Saint François, des Capucins et des Cordeliers.

Des Capucins français et espagnols débarquent sur la Petite Côte entre 1635 et 1646 pour évangéliser la population entre Joal et Rufisque.


Les obligations religieuses des Compagnies maritimes

Lorsque Gorée devient un comptoir français en 1677, après l'occupation hollandaise, la Compagnie maritime reconstruit dans le Nord-Est de l'île le fort Saint-François, ancien fort Nassau. Au premier étage, une chapelle mitoyenne aux logements des officiers permet à l'aumônier d'enseigner le catéchisme à la population. Le fort de Saint-Louis comprend également une chapelle.

L'édit du 28 mai 1864, qui crée la Compagnie des Indes, l'oblige "à faire passer dans ses possessions les prêtres nécessaires aux besoins des habitants et à la conversion des indigènes et à y bâtir des églises".

La chapelle devenant trop exiguë, la Compagnie construit vers 1745 une Eglise dédiée à l'Enfant Jésus, dans le prolongement d'une ancienne caserne, à l'entrée de l'actuel "relais de l'Espadon". Spacieuse avec cinq fenêtres latérales, elle se dresse sur une terrasse haute de cinq marches et possède un fronton triangulaire surmonté d'une croix. Son toit est recouvert de chaume.

En 1763, Gorée compte 1 500 habitants dont 1 40 chrétiens. A Saint-Louis en 1758 on estime la population à 1 400 habitants dont 169 chrétiens. Certains aumôniers remontent le Fleuve avec la Compagnie, jusqu'au Galam.


La prise en charge de l'Eglise par la monarchie

Après l'occupation anglaise de Gorée de 1758 à 1763 où l'église avait servi d'entrepôt, le gouvernement royal, décide de nommer un gouverneur pour assurer la direction des comptoirs de Gorée et de Saint-Louis, à la place de la Compagnie.

En 1763, Poncet de la Rivière, premier gouverneur royal des établissements français d'Afrique occidentale débarque à Gorée, accompagné de l'abbé Jean Baptiste Démanet, premier aumônier du roi, curé de Gorée et des colonies françaises d'Afrique.

Cette prise en charge de l'Eglise par la monarchie, contribue à assurer une présence plus régulière du clergé dans les îles.

L'abbé Démanet affecte de nouveaux missionnaires à Joal et à Portudal. Il demande au pape d'ériger Gorée en paroisse, l'ouverture d'un séminaire et la création de nouvelles paroisses sur la Côte. Il ne reçoit en retour que le titre de Préfet apostolique.

Les Anglais réoccupent Gorée de 1774 à 1783 et de 1800 à 1817. L'église est brûlée la nuit de noël 1799 par un groupe de soldats. Gorée n'a plus d'église jusqu'en 1830.

Une chrétienté active à Saint-Louis


A Saint-Louis, la chrétienté demeure active grâce à la ferveur des notables, comme le maire métis Thévenot, et des gouverneurs comme le duc de Lauzun arrivé en 1779, le chevalier de Boufflers et Blanchot.

Des prêtres de Saint-Louis assurent épisodiquement des offices religieux à Gorée.
Cependant l'Eglise ne résiste pas aux soubresauts de la Révolution de 1789. L'abbé Charbonnier délaisse son sacerdoce pour la fonction de greffier.

Saint-Louis est occupée par les Anglais de 1809 à 1817.

Le nouvel élan religieux avec les soeurs de Saint Joseph de Cluny

En mars 1819, sept religieuses de Saint Joseph de Cluny arrivent à Saint-Louis sur le même navire que le gouverneur Schmaltz, de retour de congé.
Elles transforment une salle de l'hôpital militaire en chapelle et ouvrent l'école des jeunes signares.

L'année suivante, le nouveau gouverneur, le baron Roger accepte de lancer une souscription pour la construction d'un édifice religieux.

La Mère Javouhey, fondatrice de l'ordre, débarque à Gorée en 1822 avec quelques autres religieuses et reste au Sénégal jusqu'en 1824. Elle réside à Saint-Louis dans la maison occupée actuellement par la Direction des Impôts et fonde à Dagana un établissement agricole.

A l'école des jeunes signares s'ajoute l'école des jeunes africaines, créée par l'arrêté du 15 juillet 1826. Les classes sont faites dans les locaux loués à l'administration qui leur construit en 1867 un bâtiment qui abritera en 1919, le lycée Faidherbe.

Les soeurs encadrent la nouvelle Congrégation sénégalaise des Filles du Saint-Coeur de Marie.

Les soeurs de Saint Joseph de Cluny s'occupent de l'hôpital militaire jusqu'en 1904. Elles ouvrent un dispensaire à Guet Ndar en 1876, transféré à Ndar Tout, et un autre à Sor en 1891.

Grâce à la souscription et au concours des notables qui prêtent leurs captifs de case pour le travail et fournissent des matériaux de construction, la cathédrale de Saint-Louis est construite en 1828 et l'église Saint-Charles de Gorée en 1830. Gorée compte en 1845, 3000 chrétiens.

Trois jeunes originaires de Saint-Louis, partis en France poursuivre leurs études sous l'impulsion de Mère Javouhey sont ordonnés prêtres au séminaire du Saint Esprit à Paris en 1840.

Les trois abbés Moussa, Fridoil, et Boilat s'établissent à Gorée, à Saint-Louis et inaugurent l'enseignement chrétien en Wolof. L'abbé Boilat fonde en 1843 à Saint-Louis, un collège secondaire.

Les Frères de Ploërmel arrivés en 1841, se chargent à Saint-Louis de l'enseignement primaire, secondaire et organisent des cours du soir.

Avec la présence des soeurs de Saint Joseph de Cluny et des Frères de Ploërmel, la situation morale et religieuse des fidèles s'améliore.

L'EGLISE MISSIONNAIRE


Les Prêtres missionnaires remplacent progressivement à partir du milieu du XIXe siècle, ceux du clergé diocésain. Ils évangélisent la Petite Côte et le Sine, la Basse Casamance et s'installent dans toutes les villes du Sénégal de Bakel à Vélingara.

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         Chapelle à Vélingara     

 

                 Intérieur de la chapelle

Premières missions de Dakar fondées avant la création de la ville

La première congrégation à s'installer dans la presqu'île du Cap Vert en 1846 est celle des Pères du Saint-Esprit. Les Lebou leur accordent l'autorisation de construire sur un terrain de trois hectares, à l'emplacement actuel de l'hôtel de ville, qui se prolonge jusqu'en bordure du littoral.

La mission comprend un bâtiment avec au premier étage le logement des missionnaires et au rez-de-chaussée les salles communes et les entrepôts. A proximité, les constructions légères couvertes de paille, abritent une chapelle, une école et un internat pouvant héberger 70 élèves. Certains d'entre eux reçoivent une instruction secondaire avec latin pour ceux qui se destinent au sacerdoce, d'autres s'orientent vers l'apprentissage professionnel. Doté d'une imprimerie, la mission édite un catéchisme Wolof de l'évêque Kobes, des évangiles, des livres de prière dans la même langue et une grammaire avec un dictionnaire Français-Wolof.

Cette importante mission, frappée de servitude avec la création de la ville de Dakar en 1857, cède une partie du terrain pour le percement des rues. Une partie de la communauté se déplace à Ngasobil et le gouverneur Pinet Laprade finit par acquérir les bâtiments.

En 1849, à quelques centaines de mètres à l'Est des Pères du Saint-Esprit, les religieuses de l'Immaculée Conception de Castres s'installent dans une maison laissée par la signare Anna Nicolas Pépin. Elles disposent d'une chapelle et d'un internat.

Saint-Louis devient le siège de la préfecture apostolique de la Sénégambie, détachée depuis 1863 de celle des Deux Guinées qui s'étendait sur toute la Côte d'Afrique, du Gabon, du Cap Vert.

 

Le retour des missionnaires sur la Petite Côte

De nombreuses missions essaiment chez les Sérères de la Petite Côte au XIXe siècle, à Joal, Mbour, Ngasobil, Mbodiene, Fadiouth... Celle de Ngasobil ouverte en 1850 devient la plus importante. Elle comprend une chapelle, un noviciat des Filles du Saint-Coeur Marie, des bâtiments d'habitation, des classes, des ateliers et pratique des essais de la culture du coton.

Le gouverneur Jauréguibery met à la disposition de l'évêque Kobes jusqu'à 1 000 hectares mis en valeur par les villages qui se créent dans les environs comme Mbodiene. Outre leurs salaires, les villageois disposent des produits de leurs propres champs. Ngasobil possède une petite huilerie qui traite les graines d'arachide et de coton.

C'est dans cette mission que l'évêque Kobes fonde en 1863, la Congrégation des Frères de Saint-Joseph.

L'influence chrétienne n'est introduite dans l'île de Fadiouth par le Père Diouf qu'en 1879, alors que la mission de Joal date de 1848. Les Jeunes de Fadiouth lui construisent une chapelle et une petite habitation où il réside. Le père Diouf construit une chapelle à Palmarin quelques années plus tard.

L'évêque, Monseigneur Picarda, dont la résidence n'est plus à Saint-Louis mais à Dakar, fait de Popenguine en 1888, un centre de pélerinage dédié à Notre Dame de la Délivrance vénérée à Caen son diocèse d'origine.

 

Sortie de messe à Thiès.

A l'intérieur du Sine, l'église de Mont-Roland est fondée en 1895 à Thiès, dans une ville qui reste islamisée. Les villages des environs comme Fandène, Thially, Thione... accueillent par contre les missionnaires.

L'évangélisation de la Basse Casamance

Suite à la Convention franco portugaise du 12 mai 1886, le Portugal présent en Basse Casamance depuis le XVIe siècle, abandonne à la France Ziguinchor. Une mission chrétienne, conduite par Monseigneur Picarda, préfet apostolique de la Sénégambie s'installe en 1888 dans cette bourgade de 800 habitants, comprenant 400 chrétiens.

Karabane, île située à l'embouchure de la Casamance et comptoir actif avait été occupée par la France en 1837. Une mission s'installe en 1880.

Les missions se multiplient rapidement dans les villages des environs de Karabane et de Ziguinchor, à Oussouye, Bignona, Brin, Elinkine... Elles ouvrent des écoles et tiennent des dispensaires.

En 1939, Ziguinchor devient la première préfecture apostolique du Sénégal confiée à un Sénégalais, le prêtre missionnaire du Saint-Esprit, Joseph Faye consacré évêque.

Le Sénégal, terre de prédilection des congrégations

De la fin du XIXe au milieu du XXe siècle, de nouvelles missions s'installent au Sénégal.

Les Maristes prennent en charge le collège secondaire de Sainte Marie de Hann.

Les Pères Dominicains disposent dès 1961 d'une église route de Ouakam, ils ouvrent une "fraternité" qui devient paroisse universitaire. Le Père Lebret, célèbre sociologue laisse son nom au centre dominicain qui dispense des cours.

Les Frères du Sacré Coeur du Canada prennent en charge dès 1960, divers établissements scolaires, ceux de la cathédrale, de Saint-Michel près de l'église du Sacré-Coeur, à Dakar et une école primaire à Joal. Ils ouvrent un établissement secondaire à la S.I.C.A.P. Liberté et une mission à Nianing sur la Petite Côte qui apporte des innovations en matière d'élevage d'agriculture et cherche à diffuser les pompes à eaux solaires.

Les bénédictins s'installent à Keur Moussa sur la route de Kayar dans les années 1960. Leur monastère s'adapte à la culture africaine avec une liturgie qui utilise les langues Sérère et Diola... les rythmes du tam tam, du balafon et de la kora. Keur Moussa est aussi un centre de diffusion de nouvelles variétés de plantes fourragères et de fabrication de fromages.

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                                 Keur Moussa                             

Les bénédictines ont également fondé le monastère de Keur Guilaye à quelques kilomètres.

 

Keur Guilaye

Bien d'autres religieux et religieuses appartenant à d'autres congrégations, existent à travers le Sénégal.
 

 

 

 

 

  Fresques de Keur Guilaye


L'AFRICANISATION DU CHRISTIANISME

L'Eglise implantée au Sénégal depuis de nombreuses années s'africanise progressivement.

Les vocations sénégalaises se multiplient. Les séminaristes de Sébikotane, de Ngasobil, de Casamance, de plus en plus nombreux assurent la relève du clergé occidental.

En privilégiant les aspirations profondes de l'homme africain, à la lumière des évangiles, l'Eglise peut rechercher le bien être corporel, le bonheur individuel, les joies de la famille... toutes les dimensions matérielles, humaines et spirituelles tout en restant ouverte aux autres religions.

Les Sénégalais où peuvent cohabiter dans une même famille chrétiens, musulmans et animistes sont les mieux placés pour appréhender les problèmes de l'oecuménisme.

Le 7 juin 1963, Léopold Sedar Senghor, président catholique d'un pays essentiellement musulman déclarait en inaugurant la mosquée mouride de Touba " musulmans et chrétiens, nous allons prier ensemble".

Après la nomination de l'évêque Joseph Faye en 1939, à la tête de la circonscription épiscopale de Ziguinchor, l'abbé Adrien Sarr en 1975 devient l'évêque de la préfecture épiscopale de Kaolack, érigée en diocèse.

Mgr Lefèbvre devient le premier archevêque de Dakar en 1956. Il est remplacé en 1962 par l'archevêque Hyacinthe Thiandoum nommé à la pourpre cardinalice en 1976.


La Cathédrale de Dakar

 

           

 Le Cardinal Thiandoum   

Ainsi à l'Eglise missionnaire de l'époque coloniale succède la relève d'une Eglise africaine qui introduit la spécificité du continent et exprime dans la chrétienté ses valeurs culturelles.

La célébration de la liturgie romaine s'adapte progressivement à la culture et à la sensibilité africaines.


L'utilisation des instruments de musique locaux : Tam tam, cora, balafon, accompagne les battements de mains et les mouvements du corps.

A ces expressions gestuelles, s'ajoute une plus grande participation verbale. A la différence des messes européennes, les cantiques sont chantés dans leur intégralité et l'homélie appelle questions, réponses, affirmations reprises en choeur, les messes sont longues, l'écoulement du temps n'est pas ici emprisonné dans les horaires stricts du monde occidental.

Les chrétiens diola et sérères, ont gardé des rites d'initiation qui se pratiquent régulièrement dans la religion animiste à certaines pérides de la vie.

Un décalage subsiste entre la conception chrétienne du mariage fondée sur la monogamie et la tradition africaine de la polygamie qui s'explique par des raisons d'ordre économique, sociologique et psychologique.

Les Sénégalais deviennent leurs propres missionnaires. L'Eglise africaine qui fait corps avec la société intègre les aspirations de l'être africain, son épanouissement, le sens religieux qu'il entend donner à la vie et à la survie, comme le culte des ancêtres Sérère avec les pangols.

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