LA VISITE DU PAPE AU SENEGAL


DIX ANS APRES LA VISITE DU SAINT PERE :

JEUNE CHRETIEN QU'AS-TU FAIT DE TON ENGAGEMENT ?


C'est le 21 Février 1992 que Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II a rencontré les jeunes du Sénégal au Stade Demba Diop, rempli jusqu'aux abords par 30.000 fan's de l'apôtre mondial de la paix, de la tolérance, du dialogue.

Les jeunes, face à leur foi, dans l'Eglise et la société, se sont confiés au Pape et lui ont demandé conseils. En effet, la jeunesse est une couche sociale vulnérable, sutout dans un pays où le profit et gain facile sont notoires. La jeunesse catholique a ainsi besoin de repères qu'elle ne peut trouver que dans l'Eglise et ceci dans une foi solide.

La foi, l'Eglise et la société ont été les points de l'intervention des jeunes. Le Pape, toujours égal à lui-même, a apporté les réponses idoines, à la grande satisfaction de ces jeunes.

Le Pape et les jeunes

Sur la foi, le Saint-Père s'est félicité de la soif des jeunes catholiques sénégalais de connaître davantage leur foi. La foi, disait-il, est un trésor, une perle précieuse. Celui qui a la chance de la posséder fait tout son possible pour la garder, la cultiver. Cultiver sa foi, c'est l'approfondir par la prière constante, la vie des sacraments, la lecture et la méditation de la Parole de Dieu, l'amour du prochain par l'exercise des charismes, des talents. Le Christ est celui par qui nous devons y parvenir.

S'agissant de l'Eglise, le Pape la définit comme le peuple de tous ceux qui croient au Christ et qui ont été baptisés. Il a invité les jeunes à y prendre la place qui leur revient
"les jeunes doivent prendre une part active à la vie de la communauté et aux célébrations paroissiales pour faire entendre leur langage et leurs préoccupations." De même, il a souhaité un esprit de dialogue entre chrétiens et musulmans pour une collaboration dans ce qui fait grandir la communauté humaine dans le respect et la tolérance, le Pape a aussi invité les jeunes à la prière : le dialogue entre Dieu et l'être humain. La prière fortifie.

Enfin, sur la société, le Pape est revenu sur le mariage, ce dynamisme intérieur qui pousse l'homme et la femme à se donner l'un à l'autre dans une communion de leur être. Il a demandé aux jeunes de prendre conscience de l'engagement responsable que suppose l'amour d'un homme et d'une femme. Le caractère monogamique du mariage chrétien lui confère pleinement la dignité de l'homme et de la femme. Le mariage est une école de perfection personnelle et de sanctification mutuelle. De même, le Pape a invité les jeunes à aimer leur pays et à remplir leurs obligations à son égard en faisant preuve de patriotisme et de sens civique. Les jeunes doivent s'engager personnellement et en équipe à améliorer le sort de ceux qui les entourent par des gestes concrets. Le Seigneur sait transformer les initiatives les plus humbles car l'homme vaut plus par ce qu'il est que ce qu'il a.

C'est face à la clarté et à l'assurance des réponses du Pape que les jeunes ont pris l'engagement, fort de leur confiance à l'image de Pierre, de marcher avec Jésus.

L'engagement des jeunes

Nous, jeunes catholiques du Sénégal, promettons au Seigneur, pour notre Eglise :

- de vivre sleon les valeurs de l'Evangile,
- d'être des serviteurs énergétiques du Christ et de son Eglise, dans la vie paroissiale, le quartier et l'école,
- d'évangéliser les structures et les mentalités de nos différents milieux de vie,
- d'être des citoyens fidèles à accomplir leurs devoirs,
- de favoriser la convivialité, le respect et la solidarité entre tous.

Citoyens du monde, nous nous engageons à nous intéresser aux grands évènements qui marquent la vie des hommes et à promouvoir, chacun en ce qui le concerne, un monde de paix, d'amour et de liberté.

Constat

En prenant un tel engagement devant le Chef de l'eglise catholique, la jeunesse s'est lancé un défi. Des actes concrets devaient être posés pour ne pas faire de cette visite du Pape une vulgaire rencontre de défoulement. Force est de constater que depuis dix les choses bougent au sein de la jeunesse catholique.

Dans la fraicheur de la visite du Pape, les jeunes de la Paroisse Notre-Dame du Cap-Vert avaient lancé l'idée d'une création d'un club Jean-Paul II pour perpétuer l'oeuvre du Pape. Mais un manque de suivi a vite éteint l'éclair, pourtant très ambitieux.

Un constat de taille, la fréquentation des églises est accrue avec la participation des jeunes aux mouvements et associations. Les amicales sont devenues dynamiques avec des programmes très riches et surtout axés sur le volet religieux : Prière, recollections, conférences. Les autres mouvements ne sont pas en reste et même du côté des enfants ça bouge avec les CV/AV, les louveteaux, les enfants de choeur, le catéchisme, etc…

Cette fréquentation des églises a des effets sur la prière. Le jeune catholique prie de plus en plus. Le développement et l'expansion du renouveau charismatique a beaucoup déteint sur les jeunes qui prennent goût à aller dans les églises pour adorer et louer le Seigneur.

De même, les jeunes se sont investis considérablement dans les communautés de quartier qu'ils dirigent pour la plupart d'entre elles. On ne saurait oublier les chorales qui, par leur chants, prient et font prier. Chaque paroisse a pratiquement une chorale des jeunes. C'est dire donc que les jeunes ont pris une part active à la vie de la communauté et aux célébrations paroissiales dont la plus importante est l'Eucharistie.

Cependant, ce dévouement demeure insuffisant compte tenu des capacités des jeunes et de la grande masse toujours inflexible. Convenons ensemble avec St Jacques que la foi sans les oeuvres est vaine.

Un autre fait saillant est la mariage. Il est évident que depuis quelques années, il y a un retour à la raison de croire au mariage, malgré quelques réticences liées au plan matériel. Les jeunes catholiques savent que le mariage, comme sacrement, est nécessaire pour perpétuer l'espèce humaine. Les jeunes n'ont pas à craindre le mariage s'ils ont la foi et s'ils vivent pleinement leur amour. C'est dans la famille que les enfants ont le maximum de chances de grandir de manière équilibrée.

Au-delà de ces actes concrets posés par les jeunes, il faut reconnaître tout de même que nous ne sommes pas au bout du tunnel. Au contraire, le chemin à parcourir est long et parsemé d'embuches.

Dans la société, bien que la jeunesse soit bien investie dans certains secteurs ; par ailleurs, il demeure que l'engagement politique est toujours à ses balbutiements. On peut bien être catholiques et réussir en politique. Celle-ci n'est pas l'affaire des autres et il ne faut pas avoir forcément les mains sales pour la faire. Il suffit de vivre les valeurs évangéliques.

On peut aussi constater que des jeunes catholiques vivent en marge de la société, préférant la débauche. D'autres, à la faveur des choses mondaines, ont renié leur appartenance christique. Des efforts sont aussi à faire en ce qui concerne le respect de la chose publique, le civisme et surtout la décence.

Les jeunes ont des problèmes. Ils sont victimes de la drogue, de l'alcool, du sexe, du sous-emploi, mais le règlement de ces problèmes ne peut se faire en dehors de la foi. Le Seigneur pourvoit toujours à nos besoins. Sa parole est vérité. Nous devons aussi avoir des initiatives car l'Eglise ne peut pas tout régler. Elle conseille, oriente et aide à la mesure de ses moyens.

Nous sommes une jeunesse consciente et le chemin de la foi que nous avons choisi est le bon. Jésus n'est-il le Chemin, la Vérité et la Vie ? Qui croit en Lui ne sera jamais déçu. Au jour qu'Il a choisi, Il transformera nos difficultés en bonheur.

Dix ans après, le discours du Pape est toujours d'actualité et doit constituer un repère pour les jeunes. Rendons continuellement grâce à Dieu par la prière et les bonnes actions selon les talents qu'Il nous a donnés.

Seul Jésus de Nazareth, le Fils de Dieu et Fils de Marie, le Verbe éternel du Père, né il y a deux mille ans à Bethléem du Juda, est en mesure de satisfaire les aspirations les plus profondes du coeur humain (Jean Paul II aux JMJ de Rome).

Paul Denis NDONG