RELIGIONS
TRADITIONNELLES
Les animistes ont en commun, pour la plupart,
un ensemble de croyances et de pratiques tant religieuses que
culturelles. La croyance en un Dieu unique, créateur
et maître du monde est partagée par tous. Cette
divinité est assistée par un messager et par les
esprits des ancêtres. Il existe des endroits réservés
aux cultes, ceux des hommes étant séparés
de ceux des femmes. On y pratique des libations. Des rites agraires,
accompagnés de musique et de danse, ont lieu à
la fin des récoltes.
Certes seuls quelques Casamançais, Bassaris, Coniaguis
ou Tendas sont ouvertement et uniquement fétichistes.
Leurs noms, leurs fêtes, leurs rites sont ancestraux et
rendent hommage aux esprits et aux ancêtres.

Les défunts connaissent une vie éternelle avec
l'existence d'un paradis et d'un enfer. Les morts sont inhumés
sous le toit de leur case, lequel est ensuite recouvert de sable,
donnant ainsi naissance à de petits tumulus. La société
considère que certains défunts peuvent provoquer
des sécheresses. Lorsque leur responsabilité est
découverte, elle les invoquent et, s'ils persistent,
les exhume puis en disperse les restes.
Le champ constitue un lieu sacré et pour exploiter la
terre il faut tenir compte de ses détenteurs invisibles
(les ancêtres et les esprits) et user de tout un rituel
tant pour procéder aux semailles qu'aux récoltes.
A Touba Toul se perpétue la tradition du "fil"
qui vise à conjurer les mauvais sorts, les calamités
naturelles, les épidémies et à appeler
la fertilité et la prospérité. C'est durant
cette fête qu'on détermine la date de l'ensemencement
du mil.
Croyances et pratiques
Les Sérères croient en l'existence
de sorciers "reteneurs d'eau" et, avant que la religion
musulmane ne soit adoptée, on faisait appel à des
spécialistes capable de découvrir le responsable
du retard des pluies. Chez les Wolof et les Lébou, quand
la pluie tarde à venir, le "Bawnane" rassemble
la population et une procession d'officiants, pour invoquer les
dieux et jeter à la mer des offrandes demil, de mais et
de lait caillé Chez les mandingues, le "Kankouran",
protecteur des circoncis, veille sur les arbres fruitiers : en
attachant des fibres de son costume aux arbres, il entend interdire
à quiconque d'y nuire.
Les pêcheurs disposent d'objets protecteurs
pour se préserver des naufrages et des dérives et
pour s'assurer des pêches fructueuses. Une embarcation correctement
pourvue de "gri-gri" ne coulera pas et des filets munis
de pareils éléments ramèneront des flots
des prises abondantes. A Cayar, on rendait un culte au génie
de l'eau. Les Lébou pratiquent encore des libations annuelles
et les Sérères considèrent que par des incantations,
il est possible de s'attirer de bonnes pêches.